L’allocation universelle d’existence, la protection sociale du XXI° siècle


C’est le titre du livre que j’achève d’écrire avec une préface de Guillaume Mathelier, Docteur en sciences politiques, Enseignant à la Haute école de Gestion de Genève et membre associé de l’institut d’éthique appliquée de Laval à Québec (IDEA) et auteur de L’égalité des dotations initiales – Vers une nouvelle justice sociale. Genève : Éditions Georg, 2020.

La parution est prévue pour la fin du mois d’août prochain aux éditions Utopia. La fiche de présentation de l’ouvrage aux libraires ci-dessous a déjà été envoyée.

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Voici un extrait de l’avant-propos:

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« …Nous pouvons autour de propositions concrètes redonner à l’individu confiance dans la société, en lui octroyant toutes les conditions pour penser par lui-même la société des hommes et retisser les liens indispensables à toutes les communautés humaines. Ces liens que le Marché s’est évertué à rompre en atomisant les individus condamnés à vivre en égoïstes moutonniers [1].

Il est temps de briser les chaînes de cette servitude volontaire [2], de se libérer des normes, de la standardisation de nos modes de vie, du contrôle de nos comportements.

Il faut oser lancer quelques idées réalistes qui peuvent, si elles sont reprises par une majorité, contribuer à la reconstruction d’une communauté humaine, décente et apaisée, redonner du liant à nos sociétés éclatées en groupes d’intérêt, clubs, tribus, clans, bandes, sectes, et gangs, et permettre de retrouver le réconfort vital dans le regard de l’autre.

Les crises économiques successives de par le monde, la dernière pandémie de Covid-19 ont révélé combien nos sociétés étaient incapables d’assurer les nécessités vitales dont tout être humain a besoin.

Quand dans ce monde, en 2020, de plus en plus d’humains sont voués à des tâches inintéressantes, à la précarité voire à la très grande pauvreté, certains chantres du libéralisme ne voient dans le revenu de base qu’une bouée de survie pour solde de tout compte.

D’autres y trouvent le bon moyen de simplifier un système social qualifié de lourd et coûteux. Un montant de ce revenu de base apparemment généreux permettrait, pour les plus libéraux, de liquider notre Sécurité sociale, avec les retraites par répartition, les allocations chômage ou même l’assurance maladie ; chacun étant censé avoir les ressources, avec cette allocation, de se payer auprès d’organismes privés une retraite par capitalisation, une mutuelle santé, ce qui permettrait d’abaisser le coût du travail par la suppression des cotisations sociales. Bref pour ces penseurs libéraux ce serait un moyen de transformer le plomb des services sociaux en or pour quelques-uns[3].

Devrait-t-on alors se satisfaire comme seul projet de société , de ce cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante, permettant de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète,comme l’a proposé l’ancien conseiller de Jimmy Carter, Z. Brzezinski ?[4]

Au contraire, c’est convaincu que la mise en œuvre d’une allocation universelle d’existence peut être le lien entre les êtres, le ciment d’une société à venir, beaucoup plus résiliente et inclusive, que j’ai écrit cette contribution. Ce n’est pas en expert que j’interviens mais en citoyen ordinaire éclairé et engagé. Après un état des lieux, j’esquisse ce que pourrait être une allocation d’existence émancipatrice, déconnectée de l’emploi, qui renforce et complète notre système de sécurité sociale fondé sur la solidarité du groupe.

Si cette allocation d’existence n’a pas vocation à remettre directement en cause l’ordre capitaliste, elle assure un droit fondamental à une vie digne en toute circonstance, en protégeant les individus des excès de ce système mortifère, en permettant à chacun et chacune de dire non et de tracer le chemin de son émancipation. Elle permet de ne pas aller les mains nues dans les batailles à venir pour imposer une alternative à une minorité qui profite encore de ce monde finissant. (…)

(…) Il s’agit, à partir d’éléments qui structurent la société telle qu’elle est, de construire une proposition d’allocation d’existence comme un droit humain émancipateur qui se substitue à toutes les aides sociales conditionnées que l’État a mis en place au fil du temps et qui maintiennent l’ayant-droit dans sa condition d’assisté.  Aides qui trop souvent rabaissent et assignent à résidence la personne au lieu de l’élever. »

Le but de la société est le bonheur commun. 

Article premier de la constitution de 1793

« La liberté est une illusion, si une classe d’hommes peut impunément en affamer une autre ; l’égalité est un leurre aussi longtemps que les riches exercent le droit de vie et de mort sur leurs concitoyens. La République est un fantôme si les trois quarts des citoyens ne peuvent payer les denrées sans verser des larmes. « 

C’est ce qu’écrivait Jacques Roux, ce curé rouge, dans le cadre du débat sur la Constitution de l’An I et la nouvelle Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 23 juin 1793. Celle-ci reprend les droits politiques et garanties juridiques de l’homme déjà présents dans la Déclaration de 1789 en leur donnant un contenu démocratique et social plus précis.

Alors rendez-vous dans votre librairie préférée en septembre prochain.

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[1] Dany Robert Dufour, L’individu qui vient … après le libéralisme, Éditions Denoël, 2011


[2] Roland Gori :  Il est plus facile de se contenter du “bonheur” offert par les standards de la société que de prendre le risque de la liberté, la liberté de désirer. 

  Roland Gori, Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux ?   Éditions Les Liens qui libèrent, 2014.

[3] Lire l’article  le revenu universel, avenir de la sécurité sociale  d’ Eric Verhaeghe, blog Économie Matin.fr, 30/9/2015.

[4] C’est, sous le nom de « tittytainment», la solution proposée par l’ancien conseiller de Jimmy Carter, Zebniew. Brzezinski au principal problème politique que le système capitaliste allait devoir affronter au cours des prochaines décennies, formulé ainsi :  Comment serait-il possible pour l’élite mondiale de maintenir la gouvernabilité des quatre-vingts pour cent d’humanité surnuméraire, dont l’inutilité est programmée par la logique libérale ?  (Conclusion du premier State Of The World Forum, qui s’est tenu du 27 septembre au 1er octobre 1995 à l’Hôtel Fairmont de San Francisco), cité parJean Claude Michéa dans L’enseignement de l’ignorance, Éditions Climats, page 41 et suivantes.

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2 commentaires pour L’allocation universelle d’existence, la protection sociale du XXI° siècle

  1. jean noel marzo dit :

    BRAVO, à diffuser dès septembre sans modération. Jean-Noel

    J'aime

  2. Ping : Le journal du revenu de base : juin 2021

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